| Lagarde officialise sa candidature |
| Le matin : 25 - 05 - 2011 |
La ministre française des Finances Christine Lagarde devait annoncer mercredi à Paris si elle est candidate ou pas à la direction du FMI, comme le souhaitent les Européens, à la veille du G8 de Deauville (nord-ouest) où la France sollicitera l'adoubement des Américains.
Celle qui fait figure de favorite pour succéder à son compatriote Dominique Strauss-Kahn a convoqué une conférence de presse impromptue ce mercredi à la mi-journée. Et le conseiller spécial du Président français Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, a clairement laissé entendre qu'elle dira à cette occasion «si elle est candidate».
«Si elle est candidate, évidemment la France soutiendra sa candidature», a-t-il assuré. Quoi qu'elle dise, le débat s'invitera au sommet des principaux pays industrialisés du G8, même s'il n'est pas à l'ordre du jour.
«Je ne serais pas surpris que le sujet soit évoqué à Deauville», glisse à l'AFP un ministre français. Cela pourrait être discuté «en marge» du sommet, confirme le sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires économiques Bob Hormats.
En fin de semaine dernière, dans la foulée de la démission du directeur général du Fonds monétaire international, inculpé à New York pour crimes sexuels, les Européens ont multiplié les soutiens en faveur de la Française.
Berlin, Londres et Rome ont appuyé son éventuelle candidature. «Lagarde est quasiment intronisée» au niveau de l'Union européenne (UE), affirmait même vendredi une source européenne, prédisant «un signal» dès le sommet de Deauville.
Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a aussi laissé entendre mercredi que «dans la conjoncture actuelle» de crise de la dette dans la zone euro, la Française était la mieux placée.
Jusqu'ici, les Etats-Unis, dont le soutien est crucial, et le Japon ne l'ont toutefois pas publiquement adoubée.
«J'ai une très bonne opinion de Christine Lagarde», assure ainsi Bob Hormats à l'AFP. «Mais nous n'avons encore pris aucune décision sur ce dossier», ajoute-t-il aussitôt, résumant la position de Washington qui souhaite un processus «ouvert» et se dit prêt à soutenir un candidat «capable d'obtenir un large soutien parmi les membres du Fonds».
Le sommet de Deauville sera l'occasion pour le pays hôte de sonder les intentions américaines et japonaises.
Mais rien ne dit qu'une position commune en émergera officiellement.
«Bien sûr il y aura des discussions en marge», mais «le G8 n'est pas le bon endroit» pour se mettre d'accord sur un candidat car «tous les pays qui jouent un rôle dans le processus ne sont pas représentés», fait-on valoir de source proche du gouvernement allemand.
Introniser Christine Lagarde à Deauville risquerait d'en faire la candidate des pays riches, au moment même où les cinq grands Etats émergents du groupe des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont fermement dénoncé mardi dans une déclaration commune la règle tacite qui voit un Européen diriger le FMI et un Américain présider la Banque mondiale.
Après le G8, cette probable candidature devra encore surmonter des obstacles. La justice française pourrait en effet annoncer le 10 juin, jour de la clôture des candidatures au FMI, si elle ouvre une enquête sur Christine Lagarde pour sa gestion controversée d'une affaire tentaculaire liée à l'homme d'affaires Bernard Tapie, ce qui ruinerait ses chances.
«La candidature de Christine Lagarde ne sera annoncée que si on a le sentiment qu'elle rassemble», assurait mardi un ministre français, faisant valoir qu'en cas de «consensus» et de «coalition globale autour de son nom», ce serait «une formidable façon pour la France de sortir par le haut de cette méchante affaire».t.
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